Le Carrousel

Loedi et Choco profitèrent de cette belle journée d’automne pour aller se promener dans le parc de Bercy.

Loedi s’émerveillait devant les arbres dont le feuillage virait doucement vers le jaune orangé. Elle ramassa plusieurs feuilles mortes de différentes formes et couleurs et trouva un banc où elle s’installa pour les dessiner.

Choco las d’attendre, se laissa facilement distraire par tout ce qui l’entourait:

 » Quelle est donc cette odeur au pied du lampadaire ? Et sur cet arbre ? Voici une autre odeur inconnue… si je sentais d’un peu plus près… ce pourrait-être un copain chien dans les parages ? Oh ! Un papillon ! Où va t-il ? Je vais le suivre… Tiens… ça brille, qu’est ce que c’est ? Un papier de biscuit ! Oh… il reste même un morceau… délicieux ! J’ai perdu de vue le papillon… je ferais mieux de continuer à renifler… peut-être vais-je trouver un autre biscuit… Waouh une balle ! J’adore les balles ! Elle est en plastique… un peu difficile à attraper mais je la tiens bien ! Eh bien, c’est qui le champion ? C’est Choco !!! Qui est cet enfant qui arrive vers moi en courant ? Oh… ce doit être sa balle… je ferais bien de la lui laisser avant de m’attirer des ennuis. J’ai faim… Loedi a peut-être quelque chose de gourmand à partager… »

Mais Choco retrouva le banc vide, sans personne !

« Où est Loedi ? Ne paniquons- pas… ma truffe… voyons voir où me conduit son odeur… là elle a tourné à droite … concentre-toi Choco… Tu es en mission pour retrouver Loedi…  »

La truffe collée au sol, Choco suivit pas à pas la trace de Loedi jusqu’à un magnifique Carrousel à l’orée du parc. La musique du manège créait une ambiance féerique. Les chevaux de bois mais aussi le lapin et l’éléphant, tournoyaient et les couleurs vives égayaient autant les petits que les grands. Mais Choco ne voyait toujours pas Loedi.

« Loedi où es-tu ? »

Le manège fit plusieurs tours avant qu’il n’aperçut Loedi lui faisant coucou depuis le carrosse !

 » Loedi ! Moi aussi je veux faire un tour » !

« – Chocooooo ! Rejoins-moi ! Nous ferons un tour de manège ensemble et après nous irons manger une gaufre ! »

Choco ne se le fit pas dire deux fois…

 

 

Graines

« – Regarde Choco ! Les visiteurs s’émerveillent devant les graines de nos prairies. Faut-il donc enfermer la nature dans un musée pour que l’homme prenne conscience de sa beauté ?

– Apparemment Loedi… « soupir ».

– Ce sont les mêmes qui passent tous les jours devant les parcs, les jardins, les bacs à fleurs et autres installations végétales sans même un regard. Et si moi je m’arrête pour admirer une fleur ou les nervures d’une feuille, ils me regardent de travers comme si j’étais anormale.

La nature, il faut savoir la regarder dans son état naturel. Même en ville, elle est omniprésente si on se donne la peine de prêter attention à son environnement.

– Mais Loedi, peut-être qu’ils ne savent plus voir et s’émerveiller simplement.

– Quelle tristesse ! L’exposition serait-elle alors comme un pont entre entre leur âme d’enfant perdue et la nature ? Un pont éphémère…

– Peut-être… « soupir ».

Un tympan perforé pour une vue imprenable

– Loedi pourquoi venir au Centre Pompidou puisque ni toi ni moi n’aimons vraiment l’art moderne ?

Choco ne reçu pour toute réponse qu’un  grand sourire puis Loedi s’élança dans les escalators. Un étage… deux puis trois… quatre… cinq…..six !

Arrivés au sixième, Loedi traversa l’étage sans s’attarder devant les nombreuses peintures et sculptures. Choco trottinait derrière elle et ensemble ils arrivèrent sur une immense terrasse.

Là, des hauts-parleurs étaient disposés le long de la rambarde et diffusaient … comment dire ? Du son ? Du bruit ? Certainement pas de la musique.

– Loedi que faisons-nous ici ? Cette installation sonore me crève les tympans !

– Je suis d’accord Choco mais je ne t’ai pas emmené ici pour ça. Fais abstraction du bruit et rapprochons-nous du bord…. Là tu vois ?

– Whaouuu la tour-Eiffel ! Et là-bas l’Arche de La Défense ! Et oh voilà Montmartre !

– Oui ! Et là en-bas c’est Saint-Eustache. Et si tu regardes de ce côté, tu verras aussi l’Hôtel de Ville et Notre-Dame.

– C’est magnifique Loedi !

– Allez viens Choco, retournons à l’intérieur maintenant.

– Attends attends…. Je voudrais continuer à en profiter encore un peu, c’est la plus belle vue de Paris que je connaisse !

– Hahahaha ! Tu vois Choco, tu as réussi à oublier le bruit !

PS: Et non… la vidéo n’a pas de son. Choco vous assure que c’est mieux ainsi !

Le cauchemar

Nous étions acculés de toute part:

D’immenses serpents aux crocs acérés grimpaient de plus en plus haut et semblaient de plus en plus nombreux.

Autour de nous, un océan de sang qui s’étendait à l’infini nous laissait démunis, sans l’ombre d’une échappatoire… sans l’ombre d’un espoir.

C’est alors que je les vis: d’immenses créatures squelettiques, tels des dinosaures d’antan qui s’élançaient vers nous ! Le bruit de leurs os qui s’entrechoquaient était effrayant et la taille de leurs mâchoires béantes me glaçait le sang.

Mes aboiements devinrent des hurlements à la mort puis des  glapissements, je nous voyais perdus et me reculais du bord, vaincu.

« Bats-toi Choco ! Bats-toi ! Allez ! Debout Choco ! Bats-toi ! »

Loedi hurlait tout en donnant des coups d’épée à n’en plus finir. Le moindre bout de    langue, de croc ou de chair… elle n’hésitait pas et sa lame tranchait.

L’animal blessé se reculait le temps pour elle d’en affronter un autre… mais il revenait inlassablement à l’attaque.

Je reprenais courage et me relevais. Nous ne gagnerons peut-être pas mais nous ne leur donnerons pas le plaisir d’une victoire facile, nous nous battrons jusqu’au bout, en héros !

Et qui sait… si les Dieux sont avec nous… nous gagnerons !

« Choco ! Choco… debout Choco ! »

J’ouvrais les yeux…

Les derniers touristes avaient quitté la salle, le musée allait bientôt fermer et Loedi venait de finir son dessin. Ce n’était qu’un cauchemar… un horrible cauchemar…

 

L’âme d’un pays

« – Comment fais-tu Loedi pour jouer de la musique sur cette harpe cassée ?

– J’y arrive car la musique que je joue représente l’âme d’un pays: c’est l’hymne ukrainien.

– Je ne comprends pas…

– À l’image de cette harpe, même si tout est détruit, pillé et ravagé autour de toi, n’oublie jamais que l’âme d’un pays et celles de ses héros sont immortelles… Garde espoir Choco, garde foi en l’avenir.  »

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Душа страны

« – Как играть музыку на этой сломанной арфе?

– Я делаю это потому, что музыка, которую я играю, представляет собой душу страны: это гимн.

– Я не понимаю…

Подобно этой арфе, даже если все вокруг разрушено, разграблено и опустошено, никогда не забывайте, что душа страны и ее герои бессмертны… Сохраняйте надежду, Чоко, сохраняйте веру в будущее. »

PS: Pourquoi Kharkiv et non une autre ville ukrainienne ? Car le dessin est réalisé d’après une photo. Celle d’Alina qui est partie de chez elle lorsque un obus est tombé devant sa maison. Elle vit aujourd’hui à Paris et tente de garder espoir en l’avenir.

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Почему Харьков, а не другой украинский город? Потому что рисунок основан на фотографии. Алина покинула свой дом, когда перед ее домом упал снаряд. Сейчас она живет в Париже и пытается сохранить надежду на будущее.

 

Le Dahus Rupicapta Vacca Montanus

Loedi se promenait dans la Grande Galerie de l’Evolution du Jardin des Plantes de Paris. Émerveillée par la diversité des espèces, elle ne s’aperçut de l’absence de Choco qu’au bout de plusieurs heures. Prise d’un mauvais pressentiment, elle partit à sa recherche en pressant le pas.

Arrivée près de l’entrée, elle se figea de stupeur devant une immense créature à l’apparence surprenante: Un animal à plumes et à poils, avec des cornes, des pattes arrière d’éléphant et une longue queue de ouistiti ! Effrayée, Loedi  escalada le squelette de baleine pour se placer hors de portée de ce curieux animal.

C’est alors qu’elle aperçut enfin Choco qui, hilare, se roulait par terre.

“- Oh la la Choco ! Mais qu’as tu fait ?

– Ha ha ha ! L’évolution à ma façon ! Tu as vu que le livre de Darwin sur l’évolution des espèces était exposé ? Et bien je l’ai lu et ma foi… j’ai décidé de m’en inspirer.

J’ai donc l’honneur de te présenter… le Dahus Rupicapta Vacca Montanus by Choco !

Les chats momifiés du Louvre

Choco et Loedi voulaient visiter ensemble le Louvre mais comme tout musée, ce dernier est interdit aux chiens. C’est ainsi qu’ils décidèrent de s’y rendre la nuit, à l’insu de tous:

« -Comme le Louvre est grand… voilà des heures que nous déambulons et je crois que nous sommes perdus Loedi.

-Oui Choco à moins que… regarde ce panneau: nous entrons dans le département des antiquités égyptiennes ! L’égyptologie est passionnante ! Savais-tu que… quelque chose a bougé n’est-ce pas ?

-Oui et apparemment ça s’approche…. Partons d’ici Loedi…

-Oh ! Ce sont des momies de chats ! Regarde Choco ! C’est incroyable !

-Oh non pas les chats ! Demi-tour Loedi !

-Attends Choco, je crois qu’ils essaient de nous dire quelque chose…

-Non non Loedi… partons ! J’en ai des frissons… Regarde leurs ombres…. Elle ne sont pas rattachées aux momies…

-Ce serait… les fantômes des chats momifiés ?!

Le temps d’un souffle coupé, l’effroi envahit Loedi et Choco qui s’enfuirent à toute berzingue. Leurs cris n’avaient d’égal que leur peur et ils résonnèrent jusque dans la cour du Louvre !

Un réverbère dans la nuit

La lune éclairait à peine cette froide nuit d’hiver et les rafales de vent étaient glaciales.

Loedi avançait péniblement dans la ville endormie et seul le bruit de ses pas sur les pavés venait troubler le silence de la nuit.

Dans l’obscurité, sa peur enfantine des monstres qui pourraient s’y cacher refaisait surface.

Loedi frissonnât et accéléra le pas.

«Ville lumière…. où es tu ? »

Paris lui répondit indirectement par l’un de ses majestueux réverbères qu’elle plaça sur son chemin.

Loedi y grimpa aussitôt et se glissa dans l’habitacle de verre.

Là, à l’abri du vent, elle pût y allumer une bougie dont la flamme aux reflets ardents chassa instantanément toute obscurité.

Le réverbère ainsi illuminé, rappelait à Loedi qu’il serait son protecteur jusqu’à l’aube mais surtout qu’il était à jamais le fier garant de la Ville Lumière.

Dialogue de sourds entre Loedi et Victor-Hugo

Lors d’un dimanche de janvier ensoleillé, Loedi s’installe dans le jardin du musée Rodin face à l’imposante statue de Victor Hugo.

Quand soudain, cette dernière se met à parler…

« – Que fais-tu Loedi ?

⁃ J’essaie de vous dessiner Monsieur Hugo.

⁃ Ce n’est pas très ressemblant.

⁃ Mais je leur ai dit que je ne sais pas dessiner les sculptures…

⁃ Ne pouvais-tu pas choisir un autre modèle ? Pourquoi moi si c’est pour mal me dessiner ?

⁃ C’est à dire… les marches devant-vous me permettent de m’asseoir et de m’installer confortablement…

⁃ Quelle effrontée ! Moi qui pensais que c’était pour me faire honneur, par admiration pour ma personne et mon œuvre !

⁃ Pardon…. Oui bien sûr ! Ne vous fâchez pas Monsieur Hugo, il n’est finalement pas si mal mon dessin, regardez !

⁃ Hum… c’est quoi ce fond coloré que tu as mis derrière nous ?

⁃ Ce sont les décors du défilé Dior qui a eu lieu dans le jardin du musée: de grandes broderies réalisées par des artistes indiens où l’on retrouve Shiva et …

⁃ Shiva ? Connais pas… mais j’aime bien les couleurs. Pourquoi tu ne m’as pas mis des couleurs à moi ?

⁃ Parce que vous êtes tout de marbre Monsieur Hugo… de marbre blanc.

⁃ Je veux des couleurs.

⁃ Sur le dessin ? Mais…

⁃ Bien sûr que non…. Je veux des couleurs là en vrai ! Peins-moi ! J’en ai assez d’être en blanc ! Prends tes couleurs et mets toi au travail tout de suite !

⁃ Mais… je ne peux pas… c’est interdit !

⁃ Interdit ? M’interdire à moi le grand et célèbre Victor Hugo ? Quel affront ! J’exige des couleurs tout de suite !

⁃ Mais….

⁃ Des couleurs ! Arrête de répondre et mets toi au travail !

⁃ …

⁃ Loedi ? Où vas-tu ? Reviens tout de suite ! Loedi ? Loedi !!! Je veux des couleurs ! Reviens ! Loedi !!! »